dimanche 22 avril 2018

La grande faille

Samedi 21 avril
Kondalé
JM B, S D et JM E
TPST: 11h

Le grand soleil a fait ressortir les tongs.
Au moment de s'équiper, je m’aperçois que j'ai oublié les chaussettes.
Retour au village ou j'emprunterais une paire sur un étendoir...

Descente au fond pour équiper le puits non exploré au milieu de la grande faille.
Jean Marie passe devant, le fond est colmaté par de la terre, avec des traces de mise en charge de plusieurs mètres. L'altimètre marque -190. La météo étant particulièrement stable cette cote est fiable.

Après furetage et grattouillages plusieurs points d'absorptions sont trouvés.
Le plus intéressant descend de 6 à 8 m avec un peu d'air. Il y a aussi des puits parallèles, tous alignés dans cette faille.
Jean Marie remonte le dernier puits pour visiter les parties qu'il ne connait pas.

Nous nous attaquons au tube étroit et vertical.
A - 2 m un rétrécissement ponctuel empêche le passage. Je parviens à le contourner mais renonce à descendre plus bas dans l'angoisse de la remonté. J'ai perdu la force morale de ma jeunesse.
Sylvain avec ses grandes jambes ne peut pas passer.

2 pailles auront raison du passage, les dégâts sont conséquents dans ce marbre gris bleu très compact,
qui rappelle celui de la Roquebleue à Courniou.
Sylvain se précipite, il n'y a plus d’étroiture mais 2 gros blocs se sont coincés plus bas et barrent le passage! Il faudra revenir avec le matériel ad hoc.



Nous remontons et trouvons Jean Marie, tout excité qui a trouvé une autre suite.
En arrière, dans les parties fossiles il a enlevé quelques cailloux et est tombé sur un beau volume qui démarre sur les restes d'un bon plancher stalagmitique.
Dessous tout est parti! Énorme soutirage libérant un beau volume, encombré de blocs posés les uns sur les autres dans des équilibres instables et précaires.
Il faut placer quelques amarrages pour descendre.
La aussi les traces de mise en charge sont patentes.
Au fond une fissure d'une dizaine de centimètres de large est  décapée et active. Il y a un fort écho derrière.
 Sylvain reconnait  l'envers de "l'amont" du méandre actif au fond du puits de l'étron qu'il est le seul à avoir descendu.

Pour résumer, nous avons une faille d'une petite centaine de mètres de long pour 30 à 50 m de haut, avec un puits actif à chaque extrémité et des fossiles entre.
Nous sommes presque à -200 et il va falloir reprendre les terrassements?!


mardi 17 avril 2018

Tribulations Kondaliennes

Samedi 14 avril
Kondalé
Sylvain et Jean Michel
TPST: 11h


Prologue:

Levé à 5h , petit déj et chargement d'un portail à boucs de ma conception. 


A 6h30 je suis à Caune et il me reste 2 h avant le rendez-vous au polit bureau de Trassanel. 

Il pleut.
Vers 8 h, alors que l’installation est en bonne voie, un déluge brutal me contraint à me réfugier précipitamment  dans la voiture. 
Vu l'heure je décide d'aller chez Sylvain pour faire les kits à l'abris.
Las, je fais une marche arrière plus qu'approximative, sous la tornade, avec toutes les vitres fort embuées. Je loupe le pontet d’accès et me retrouve avec une roue dans le vide, au dessus du profond fossé!!
J'appelle Sylvain à la rescousse et lui demande d'amener une planche épaisse et solide.
La pluie se calme et je prépare le dégagement avec tous les restes de piquets disponibles.
Voila Sylvain et sa planche, en quelques coups de masse , elle est glissée sous la roue et l'affaire est entendue....

1er acte:

Finalement nous ferons les sacs au polit bureau, au sec et partirons dans un seul véhicule en tenue complète de hardis explorateurs.

Par chance la pluie a cessée et nous parvenons à l'entrée du trou modérément trempés.
Pas d'air, par contre les traces d'une crue du ruisseau sont flagrantes!
A l'intérieur tout est passé au Karcher: les parois, les araignées et les chauves souris.
Une légère inquiétude nous saisi!
Au pied du puits de la Patchamama , ce n'est plus du décapage mais du terrassement!

Comme lors du précédent épisode dit "des 1000 gamates", l'on se tient presque debout dans le ramping menant aux sacs de sable!!!
Les sacs et les bâches ont tenu, mais beaucoup de sable a été entraîné au bas du ressaut qui est méconnaissable...

Bis répétita

La porte est enfouie, seul 2 à 3 cm dépassent  des remblais!!

1h30 de terrassement à main nue, de charriage de sable, remplissages des sacs et barquettes restants pour pouvoir dégager et ouvrir la porte du paradis..... qui donne sur un cloaque de limons gluants, foisonnant d'asticots et autre vermine grouillante.
Heureusement le tuyau est resté en place. Sylvain franchi courageusement le marigot en se trempant jusqu'au slip. Le siphonnage est toujours aussi rapide , d'autant plus que "la grande faille" a été entièrement curée.
Les 2 sacs et moi pouvons passer sans tuba.

2 ième acte:

Dans le passage "du sexagénaire" nous rechargeons un trou de 8 qui avait canonné.
Nouvel échec, la roche est bien fissurée , mais tout est resté en place et comme les burins sont plus bas nous poursuivons jusqu'au bout de méandre étroit au bas du P16.
Un bon gros tir classique à 3 trous , suivi d'une paille en 10, dégage convenablement le passage.
Nous nous sustentons pour affronter la suite.


Poursuite de la descente en améliorant les équipements, en doublant certains amarrage et en coupant des cordes. Suite à des problèmes de points de vues discordants je poursuis  seul les rééquipements et Sylvain descend  voir la partie qu'il ne connait pas au fond de la grande faille.

3ième acte:

Nous nous rejoignons au départ de cette faille  pour équiper les escalades et traversées qu'il avait faites en solo
Plus l'on monte, plus les aragonites sont nombreuses et développées.
Il faut prendre garde à la casse chaque fois que l'on pose un pied ou une main.
A une quinzaine de mètres au dessus du départ, après une belle traversée, nous tombons sur une partie horizontale. Ce n'est pas une galerie proprement dite, mas plutôt le haut de la faille.
D'un coté, ça donne, après quelques mètres dans la faille.

De l'autre, l'on est immédiatement stoppé par la profusion des aragonites.
Elles ne sont pas exceptionnelles par leurs tailles, mais par leurs nombre
D'une blancheur cristalline et transparente, certaines sont réhaussées d'un poudrage de moonmilch d'une blancheur virginale et laiteuse.
Ça a l'air de continuer, mais pour passer il faudrait faire un terrible massacre.

Personnellement je n'y mettrais plus les pieds.

Nous remontons, et sommes obligé de re-siphonner Macron, qui s'était re-rempli.....

Épilogue:

Le lendemain, départ à 7 h des mêmes + Isabelle pour une randonnée à ski à partir du Puymorens.
Trés grand soleil avec une neige fondante et très lourde qui glisse à chaque virage....
Sylvain décolle ses peaux pour la descente et une grande partie de la colle reste sur ses planches!!
Nous croisons des isards, mouflons et biches.
Vivement lundi pour se reposer au bureau!



dimanche 8 avril 2018

Que de puits, que de puits !

Samedi 7 avril
Kondalé Trassanel

Jean Michel Escande, Sylvain Delabre et Guillaume Barbis

TPST : 10 h

Comme c'est une sortie historique, je nomme précisément tous les participants.

Tout d'abord une pensée émue pour le couple Briffon qui s'est sacrifié, avec une grande abnégation, un héroïsme sans tache, pour représenter dignement le GPS au congrès des grands causses à Nant.
L'Occitanie first !
Quel exemple pour les générations futures !

Bon, c'est le cœur serré que je poursuis.
La semaine dernière, nous nous étions arrêtés vers - 103, par manque de corde, en haut d'un P5 en cloche.
Cette fois, nous en avons amené 120 m, ce qui nous semblait suffisant pour en découdre.
Avec en plus, la perceuse, 3 accus et toute la daube nécessaire pour ouvrir une nouvelle ligne RER sur la commune de Trassanel.
Las, la perceuse n'a servie qu'a planter des goujons jusqu’à l'épuisement du stock, malgré un équipement très light.
Toutes les cordes ont été utilisées et la descente continue en deux endroits différents ...



Les puits dont j'ai oublié le nombre exact sont plaisants et confortables. Le plus profond fait 20m.
Tant pis pour le mythique P50, ce sera pour une autre fois !

Le repas des braves

Equipement d'une traversée pour enquiller une lucarne



Vers le bas nous tombons dans une grande faille avec un premier puits dans la roche brute, très corrodée que nous descendrons en premier.

AN + déviateur humain

Marmite en formation. Galets de quartz (blanc) et de minerais de fer (noir)

Guano, une chauve-souris roupille un peu plus loin
Quelques mètres à  l'horizontale du départ d'icelui, la faille devient franchement fossile avec de très curieux lapiaz de parois repris par le concrétionement. Quelques modestes bouquets d’aragonites font leurs apparitions. Ça part un peu partout, en haut, en face et en bas.







Aiguilles d'aragonites
Revenons au premier puits : il reste un amarrages, 2 sangles dont une sert à tenir le caleçon de Guillaume. Le reste est 3 puits plus haut...
C'est largement suffisant pour descendre le premier ressaut jusque à un bon palier suivi d'un étranglement des parois. Heureusement les lames verticales sonnent creux.
Le marteau de Vulcain fait des ravages même dans les mains inhabiles de notre maître taste picrate.
Un passage chiche est dégagé. Courageusement, je refuse l'obstacle laissant toute la gloire au susnommé.


8 ou 10 m plus bas, il y aurait un méandre, dont l'aval ventilé se prolongerait en devenant étroit (15 cm, avec des galets au sol. Nous devons être entre -180 et -200 !

Retour au fossile.
Avec Guillaume nous descendons quelques ressauts successifs pour aboutir dans une grande faille de roche brute. Le plafond se resserre à une dizaine de mètre de hauteur.
Nous entendons Sylvain qui furette dans les cheminées.

Grande faille
Au sol, 2 verticales s'ouvrent, une étroite et peu profonde (6/8 m), l'autre plus large et sans fond, ou presque...

Sylvain a trouvé un départ de galerie perchée horizontale et concrétionnée.
Il ne l'a pas explorée, un futur Capde...labre ???

Les obligations mondaines pour la soirée des uns et de autres nous ont contrains à ressortir prestement.

mercredi 4 avril 2018

Rendez-vous à St Bart

le 19 03 2018
Saint Barthélémy
Claire, Bernard, Jean Marie

Pas mal de retard dans les CR.
Caillante au Kondalé le samedi, dimanche pluvieux et froid, temps maussade ce lundi matin, je n'avais pas vraiment envie d'aller skier. Mais nous avions convenu de faire une sortie "perfectionnement" avec notre ami Bernard qui n'avait que 2.5 sorties à son actif. Et la météo annonçait du beau sur la chaîne...

Tout compte fait heureusement que Bernard nous a motivés. Pas vraiment de la poudre alpine mais une chantilly légère fort honorable et homogène sur les 900 mètres de dénivelé...